Anatoli Karpov

Anatoli Karpov

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– Meilleurs joueurs d’aujourd’hui
– Champions du mondes
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– Best actual players
– World champions
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Anatoli Ievguenievitch Karpov
Anatoli Karpov, 2006
Anatoli Karpov, 2006

Naissance 23 mai 1951 (59 ans)
Zlatooust, URSS
Nationalité Drapeau : Russie Russie
Profession(s) Joueur d’échecs
Distinctions Champion du monde d’échecs

Anatoli Ievguenievitch Karpov, né le 23 mai 1951 à Zlatooust, dans l’oblast de Tcheliabinsk en URSS, est un joueur d’échecs russe. Il est grand maître international d’échecs depuis 1970 et ancien champion du monde. Il a disputé dix finales du championnat du monde de 1978 à 1998 et possède un des plus grands palmarès de l’histoire du jeu avec, en juillet 2005, plus de 160 premières places seul ou ex æquo en tournoi, compétition par équipes à son actif.

Sommaire

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Années de formation

Anatoli Karpov (Tolia), né en 1951, apprit à jouer aux échecs à l’âge de 4 ans, et à 11 ans, il devenait candidat à la maîtrise. À 12 ans, il fut admis dans la prestigieuse école d’échecs de Mikhaïl Botvinnik à Moscou. Ce dernier aurait alors dit à son sujet : « Ce garçon ne comprend rien aux échecs et il n’a aucun avenir dans cette profession ». Mais l’enseignement du père des échecs soviétiques développa rapidement sa compréhension de la théorie, puisqu’à l’âge de 15 ans, Karpov devenait Maître des sports de l’URSS (1966) et égalait ainsi le record de précocité que Boris Spassky avait établi en 1952. De 1964 à 1967, Karpov disputa quatre championnats d’URSS junior, sans jamais dépasser la cinquième place.

Après une victoire lors du tournoi international de Trinec (+9 =4) en 1966-1967, Karpov remporta en 1967-1968 le championnat d’Europe junior de Groningue (+4 =3) et, en 1969, le championnat du monde junior à Stockholm avec dix points sur onze en finale (+9 =2). Grâce à cette victoire, il obtint le titre de maître international et devenait le premier Soviétique depuis Boris Spassky en 1955 à remporter ce championnat.

En 1968, il entra à l’Université d’État de Moscou pour étudier les mathématiques, puis il demanda son transfert vers l’Université d’État de Léningrad d’où il sortit avec un diplôme d’économie. La raison principale de ce déménagement était de se rapprocher de son entraîneur Semion Fourman.

Son classement (4e – 6e avec +8 -2 =7) au tournoi international de Caracas lui fit obtenir le titre de grand maître international en 1970. En 1971, il remporta la demi-finale du 39e championnat d’URSS avec 13 points sur 17 (+9 =8), puis s’adjugea la quatrième place de la finale dudit championnat à Léningrad (+7 -2 =12) qui le qualifia pour l’un des deux tournois interzonaux.

Sa première grande sortie parmi l’élite internationale lors du Mémorial Alekhine à Moscou en 1971 fut couronnée de succès. Il partagea la première place (+5 =12) ex æquo avec Leonid Stein en devançant Vassily Smyslov, Tigran Petrossian, Boris Spassky et Mikhaïl Tal, tous quatre ex-champions du monde. Et trois semaines plus tard, il remportait, ex æquo avec Viktor Kortchnoï, le tournoi de Noël d’Hastings (+8 -1 =6). L’année 1972 fut surtout consacrée aux compétitions par équipes (Olympiade des Étudiants à Graz et Olympiade de Skopje). Il ne participa qu’au tournoi de San Antonio ( Texas, États-Unis) où il termina 1er ex æquo avec Tigran Pétrossian et Lajos Portisch (+7 -1 =7).

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Le style de Karpov

Durant sa prime jeunesse, Karpov avait pour livre de chevet un recueil de parties de José Raúl Capablanca. Les parties du grand joueur cubain influencèrent profondément son jeu qui s’orienta vers un pur style positionnel.

Karpov a toujours dit jouer « aux vrais échecs » et ne pas laisser place au « hasard » comme le faisait, par exemple, Mikhaïl Tal avec ses attaques virevoltantes et ses sacrifices invraisemblables, quoique parfois douteux, qui ébranlaient psychologiquement ses adversaires. John Nunn a écrit: « Il est cependant capable de sacrifices s’il pense que ces derniers sont corrects. Il n’est pas un théoricien des ouvertures remarquables, et préfère retarder la lutte principale au milieu de jeu. C’est là que son talent se fait jour. Son point fort est sa capacité à restreindre le contrejeu adverse, mais à la différence de Petrossian, il ne s’agit pas là d’une stratégie passive, mais d’un moyen de mener à bien ses propres plans sans être contrarié. Souvent, ses adversaires en sont réduits à s’empêtrer sans pouvoir réagir, incapables de trouver un plan actif, alors que les desseins à long terme mais finalement mortels de Karpov prennent forme progressivement ». La particularité de Karpov était d’obtenir un petit, voire minuscule avantage dans l’ouverture, puis de l’accroître progressivement par la pression sur une faiblesse créée dans le camp de l’adversaire jusqu’à ce que la position de ce dernier s’écroulât. Il était aussi un excellent joueur de finales.

En outre, il se distinguait à ses débuts par la grande rapidité et la précision de ses calculs, ce qui lui permettait de jouer vite et d’empêcher ainsi ses adversaires d’élaborer leurs plans sur son propre temps de réflexion (cela a changé avec l’âge venant). Une autre évolution de Karpov avec le temps est qu’il est passé de 1. e4 à 1. d4 comme premier coup (alors que Kasparov prenait le chemin inverse).

John Nunn conclut: « A bien des égards, Karpov fait preuve de la grande combativité caractéristique de la période post- Fischer. La seule exception est qu’il se contente habituellement de la partie nulle avec les Noirs lorsqu’il rencontre un fort Grand-maître; par exemple, de nombreuses de ses parties se sont déroulées ainsi (Karpov ayant les Noirs): 1. e4 e5 2. Cf3 Cc6 3. Fb5 a6 4. Fa4 Cf6 5. 0-0 Fe7 6. Te1 b5 7. Fb3 d6 8. c3 0-0 9. h3 Fb7 10. d4 Te8 11. Cg5 Tf8 12. Cf3 Te8 13. Cg5 Tf8 1/2-1/2« .

La conquête du titre mondial (1973-1975)

L’année 1973 débuta avec une deuxième place à Budapest (+4 =11), puis Karpov commença sa route vers les matches des candidats en remportant ex æquo avec Viktor Kortchnoï le tournoi interzonal de Léningrad (+10 =7). En octobre 1973, il finit 2e-6e, ex æquo avec Viktor Kortchnoï, Tigran Petrossian, Lev Polougaïevski et Guennadi Kouzmine, du 41e championnat d’URSS remporté par Boris Spassky, à Moscou. À la fin de l’année, Karpov remporta le tournoi de Madrid (+7 =8). Lors des matches des candidats, en 1974, il battit successivement Lev Polougaïevski (+3 =5), Boris Spassky (+4 -1 =6), puis Viktor Kortchnoï (+3 -2 =19) et devint champion du monde d’échecs en 1975 à la suite du forfait du tenant du titre, Bobby Fischer.

Victoires en tournoi

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1975-1985

Karpov fut le premier champion du monde depuis 1948 à conquérir son titre sans avoir pu livrer de match contre son prédécesseur. Sa victoire contre Fischer obtenue « sur le tapis vert » et les moqueries qui s’ensuivirent en Occident, où la presse le qualifiait de « champion de papier », amenèrent Karpov, dans le souci d’asseoir définitivement sa légitimité, à concourir dans les tournois où l’opposition était la plus forte. Il devint ainsi le champion en titre le plus actif de l’après-guerre.

De 1972 à 1985, rares furent les tournois où la victoire lui échappa, mais dans la même période (de 1976 à 1984), il refusa, comme les autres joueurs soviétiques, de participer aux tournois où jouait le dissident et numéro deux mondial Viktor Kortchnoï. De 1975 à 1985, Karpov ne concéda la première place que dans sept tournois sur trente sept disputés : à Manille 1976 (2e), Leningrad 1977 (4e-5e), Buenos Aires 1980 (4e-5e), Amsterdam 1981 (2e-3e), Mar del Plata 1982 (4e-5e), Linares 1983 (2e-3e) et Bath 1983 (battu par Miles lors de la finale).

Durant cette période, il remporta les tournois suivants :

  • 1975 : vainqueur des tournois de Portorož – Ljubljana et de Milan,
  • 1976 : champion d’URSS à Moscou et vainqueur des tournois de Skopje, d’ Amsterdam et de Montilla,
  • 1977 : vainqueur des tournois de Bad Lauterberg, de Las Palmas, de Londres et de Tilburg
  • 1978 : co-vainqueur avec Boris Spassky du tournoi de Bugojno
  • 1979 : vainqueur des tournois de Waddinxveen et de Tilburg et co-vainqueur du tournoi de Montréal (avec Mikhaïl Tal)
  • 1980 : vainqueur des tournois de Bad Kissingen, de Bugojno, d’Amsterdam et de Tilburg
  • 1981 : vainqueur du tournoi de Linares (1er au départage devant Larry Christiansen) et du tournoi du club central de Moscou
  • 1982 : co-vainqueur, avec Ulf Andersson, des tournois de Londres et de Turin, et vainqueur des tournois de Hambourg et de Tilburg
  • 1983 : champion d’URSS à Moscou et vainqueur des tournois de Hanovre et de Tilburg,
  • 1984 : vainqueur des tournois d’ Oslo et de Londres
  • 1985 : vainqueur du tournoi d’Amsterdam

1986-1996

A partir de 1987, Karpov dut souvent laisser la première place dans les tournois à Garry Kasparov. Les seuls tournois où Karpov a devancé Kasparov sont les tournois de Moscou 1981 et de Linares 1994.

  • 1986 : vainqueur des tournois de Bugojno et de Bruxelles (mars, SWIFT)
  • 1987 : vainqueur du tournoi de Bilbao et co-vainqueur du tournoi d’Amsterdam (avec Jan Timman)
  • 1988 : champion d’URSS à Moscou (avec Kasparov) et vainqueur des tournois de Wijk aan Zee, de Bruxelles (avril, Coupe du monde) et de Tilburg
  • 1989 : co-vainqueur du tournoi de Skellefteå (coupe du monde, avec Kasparov)
  • 1990 : vainqueur du tournoi de Bienne

A partir de 1991, la nouvelle génération de joueurs (Vassili Ivantchouk, Boris Gelfand, Nigel Short, Viswanathan Anand, Gata Kamsky, Vladimir Kramnik, Michael Adams …) priva Karpov de nombreux premiers prix dans les tournois.

  • 1991 : vainqueur du tournoi de Reggio Emilia (janvier 1991) et co-vainqueur du tournoi de Reykjavík (avec Vassili Ivantchouk)
  • 1992 : vainqueur des tournois de Madrid, de Bienne et de Baden-Baden
  • 1993 : vainqueur des tournois de Dos Hermanas, de Dortmund, de Wijk Aan Zee (tournoi K.O.) et de Tilburg (tournoi K.O.)
  • 1994 : vainqueur du tournoi de Linares (+9 -0 =4) : 11 / 13
  • 1995 : vainqueur du tournoi de Groningue
  • 1995 : co-vainqueur du tournoi de Dos Hermanas (avec Michael Adams et Gata Kamsky)
  • 1996 : co-vainqueur des tournois de Vienne (avec Boris Gelfand et Veselin Topalov) et de Bienne (avec Milov).

Après 1996, Karpov ne remporta qu’un seul tournoi individuel en cadence lente : le mémorial Najdorf de Buenos Aires en 2001, devant Kortchnoï, Radjabov, Short et Judit Polgar.

Championnats du monde

Matchs contre Kortchnoï (1978 et 1981)

Championnat du monde d’échecs 1978.

En 1978, son ami et entraîneur depuis 1968 Semion Fourman décéda et, la même année, à Baguio ( Philippines), Karpov défendit son titre contre Viktor Kortchnoï qui avait fui l’URSS en 1976, était devenu apatride et avait perdu ses soutiens et secondants habituels. La fédération soviétique des échecs faisait tout pour écarter le dissident du circuit professionnel. Le match prit des allures de guerre psychologique, car Karpov aurait utilisé les services d’un para-psychologue, le Dr Zoukhar, et deux yogis locaux vinrent pour aider Kortchnoï à contrer son influence. Ce dernier joua même avec des lunettes aux verres réfléchissants censés renvoyer les ondes négatives. Il protesta aussi, au début du match, contre l’apport, durant les parties, de yoghourts à Karpov où ses secondants auraient pu dissimuler des suggestions (suivant la couleur du yoghourt) sur la meilleure tactique à adopter. Ce match dura trois mois (94 jours), marqué tant par les tentatives de déstabilisation psychologique que par les parties elles-mêmes. Cette confrontation, qui se jouait en six parties gagnantes, fut remportée à la 32e partie par Karpov, sur le score de 6 victoires à 5 (+6 -5 =21).

Championnat du monde d’échecs 1981.

Au cycle suivant, en 1981 à Merano ( Italie), Karpov affronta le même adversaire dans un match plus court et conserva le titre « à la régulière » en 18 parties sur le score de 6 victoires à 2 (+6 -2 =10).

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Matchs contre Kasparov (1984-1985, 1985, 1986, 1987 et 1990)

Championnat du monde 1985

D’octobre 1984 à février 1985, à Moscou, Karpov rencontra Garry Kasparov dans un match marathon. Comme précédemment, le championnat du monde s’achevait dès qu’un joueur obtenait six victoires, les parties nulles ne comptant alors pas. Après 9 parties, Karpov menait 4 – 0, puis s’ensuivit une série de 17 parties nulles. Karpov gagna la 27e partie (5 – 0), puis Kasparov gagna la 31e partie (5 – 1). Mais après une nouvelle série de 15 parties nulles, quand Kasparov remonta à 5 – 3, le match fut interrompu après la 48e partie, sans qu’un vainqueur ne fût désigné. On accusa le président de la Fédération internationale des échecs, Florencio Campomanes de protéger Karpov. Certains, comme Boris Spassky, surnomment alors ce dernier Karpomanès.

Championnat du monde d’échecs 1985 et championnat du monde d’échecs 1986.

En septembre – novembre 1985, le match fut rejoué en 24 parties, Kasparov l’emporta : 13 à 11 (+5 –3 =16). En 1986 eut lieu le match revanche, disputé à Londres et Léningrad, qui vit la victoire de Kasparov sur le score de 12,5 à 11,5 (+5 –4 =15).

Par la suite, Karpov tenta deux fois de récupérer la couronne :

En 1987, après qu’il eut écarté Andreï Sokolov de la course (+4 –0 =7), sa confrontation de Séville contre Kasparov se disputa en 24 parties et s’acheva sur une égalité 12 à 12 (+4 –4 =16) qui favorisait le tenant du titre (Kasparov égalisa dans la dernière partie, conservant son titre de justesse).

Durant le cycle des candidats suivant, en 1988-1989, il élimina successivement Johann Hjartarson (+2 –0 =3), Arthur Youssoupov (+2 –1 =5) et Jan Timman (+4 –0 =5) et se qualifia à nouveau pour la finale de 1990, disputée à New York et Lyon, qu’il perdit 11½ – 12½ (+3 –4 =17).

Au cours de leurs cinq matchs, Karpov disputa un total de 144 parties contre Kasparov avec un résultat de +19 –21 =104.

Championnats du monde FIDE (1993, 1996, 1998 et 2001)

En 1991-1993, après avoir battu Viswanathan Anand (+2 -1 =5), il perdit en 1992, contre toute attente, son match en demi-finale des candidats contre Nigel Short (+2 -4 =4), mais put récupérer le titre laissé vacant par Kasparov en battant Jan Timman (+6 -2 =13) en 1993, car Garry Kasparov, qui s’était brouillé avec la FIDE, avait quitté la FIDE et créé un championnat du monde « parallèle » (PCA, Professional Chess Association) avec Nigel Short.

Lors de deux finales, il réussit à défendre son titre : en 1996, après avoir écarté Boris Gelfand (+4 -1 =4), il battit en finale Gata Kamsky (+6 -3 =9); et, en février 1998, en disposant de Viswanathan Anand, visiblement épuisé par les matchs de sélection, après des parties de départage (+4 -2 =2).

Karpov conserva son titre jusqu’au tournoi de Las Vegas en 1999 qui vit l’instauration d’un nouveau système à élimination directe pour décerner le titre, et non plus un match entre le champion et un candidat. Karpov poursuivit la FIDE devant le tribunal arbitral du sport de Lausanne car son titre lui était acquis pour deux ans, mais un accord à l’amiable fut finalement trouvé. Il refusa cependant de participer à cette nouvelle formule et perdit son titre au profit du méconnu Aleksandr Khalifman.

En 2001, il fut rapidement éliminé au premier tour du championnat du monde FIDE à Moscou par le Chinois Zhang Pengxiang sur le score de 1 à 3 (=2, -2). La finale fut disputée en janvier 2002 et remportée par Ruslan Ponomariov.

Victoire au tournoi de Linares en 1994

En 1994, motivé par les critiques qui dévalorisaient son nouveau titre de champion du monde FIDE acquis en 1993 face à Jan Timman, il remporta le prestigieux tournoi de Linares, qu’il n’avait jamais gagné seul, et qui regroupe traditionnellement les meilleurs joueurs d’échecs au monde. Il établit au passage un record. En effet, lors de ce tournoi auquel participaient entre autres Garry Kasparov, Vladimir Kramnik et Viswanathan Anand, il ne perdit aucune partie et marqua 11 points sur 13 possibles. Sa performance, qui laissait ses poursuivants Garry Kasparov et Alexeï Chirov à 2½ points derrière lui, équivalait à un classement Elo de 2977. Ce fut, avec le tournoi de Moscou en 1981, le seul tournoi où il devança Garry Kasparov.

Depuis 2002

Après son échec lors du championnat du monde FIDE en 2001, Karpov s’est fait plus rare devant les échiquiers, disputant principalement des tournois à cadence rapide. Il a battu Kasparov lors d’un match rapide en quatre parties disputé à New York en 2002. Ses dernières apparitions en tournoi ne lui apportèrent pas de grands succès et il termina en fin de classement au Championnat du monde de blitz de novembre 2007. Son activité échiquéenne est plus dirigée vers l’enseignement. Il a fondé de nombreuses écoles dans les pays de la CEI, mais aussi en Europe, aux États-Unis et en Amérique du Sud. Il était classé 17e joueur russe au classement Elo d’avril 2008 avec un classement de 2655. À cette date, son classement international le situait à la 66e place mondiale. En 2008, les deux adversaires historiques Karpov et Kortchnoï ont joué ensemble pour la même équipe Ioujniï Oural de Tchéliabinsk dans la première division du Championnat de Russie par équipes. En 2009, il a disputé un nouveau match rapide en blitz contre Kasparov à Valence, où Kasparov a obtenu sa revanche de sa défaite en 2002.

Karpov a fondé en 1999 une petite compagnie pétrolière nommée Pétromir. Au début 2007, celle-ci annonça la découverte d’un énorme gisement de gaz naturel en Sibérie orientale, dans la région d’Irkoutsk, mais est accusée de fraude.

Le 1er mars 2010, Karpov a annoncé sa candidature à la présidence de la Fédération internationale des échecs. En mai 2010, la fédération russe des échecs le nomme candidat à la présidence de la FIDE, aux dépens de Kirsan Ilioumjinov.

Le philatéliste

Karpov est aussi un éminent philatéliste, spécialiste de la Belgique, dont il possède la plus riche collection au monde, et de la Russie de l’Union soviétique (dont sa collection se situe au 3e rang mondial). Il possède aussi une grande collection thématique sur les échecs.

Son activité philatélique le place sur le plan mondial parmi les dix plus grands collectionneurs actuels.

Engagements politiques

À l’époque de l’Union soviétique, il était membre de la Commission des Affaires étrangères du Soviet Suprême et très engagé dans l’organisation des jeunesses communistes Komsomol.

Par ailleurs, il fut durant de nombreuses années Président de l’Association Internationale des Fonds de la Paix (AIFP) qui fut créée dans les premières années de l’Union Soviétique. Depuis la disparition de l’URSS, il conserve toujours cette fonction dans la structure russe analogue.

Palmarès

  • Maître ès sport de l’URSS en 1966
  • Maître international en 1969 et maître émérite ès sport de l’URSS en 1974
  • Grand maître de l’URSS et grand maître international depuis 1970
  • Champion du monde FIDE en 1975, 1978, 1981, 1993, 1996 et 1998
  • Champion d’URSS en 1976, 1983 et 1988 (ex æquo avec Kasparov)
  • Vainqueur (avec l’URSS) des Olympiades en 1972, 1974, 1980, 1982, 1986 et 1988
  • Détenteur de l’ Oscar du meilleur joueur de l’année à neuf reprises, en 1973, 1974, 1975, 1976, 1977, 1979, 1980, 1981 et 1984.

1965–1971 : champion du monde junior et grand maître international

1971–1976 : la conquête du championnat du monde

1977–1985 : la défense du championnat du monde

Karpov obtint ses plus mauvaises performances lors de compétitions par équipes en 1980 : la coupe d’URSS (Rostov-sur-le-Don) : 3 / 7 (+0 –1 =6) et le championnat d’Europe par équipes à Skara : 2 / 5 (+0 –1 =4) où il perdit une partie célèbre contre Tony Miles.

Anatoli Karpov lors d’une simultanée à Zurich en 2009

Compétitions par équipes

Matchs URSS et Russie contre le Reste du monde

Trop jeune et inexpérimenté pour participer à la première rencontre URSS – Reste du monde de Belgrade en 1970, Karpov joua au premier échiquier lors du second match disputé à Londres en 1984, où il domina Ulf Andersson (+1 =3) dans leur match individuel.

Après la disparition de l’URSS, la Russie fut à nouveau opposée (à cadence rapide) aux meilleurs joueurs non russes à Moscou en 2002. Karpov ne marqua que 5 points sur 9 (+3 -2 =4) contre neuf adversaires différents. L’équipe de Russie fut défaite par l’équipe du Reste du monde.

Olympiades

Karpov, Tal et Seirawan à l’olympiade de Malte 1980.

Beliavski et Karpov face à Ciocaltea et Gheorghiu à l’olympiade de Lucerne 1982

A six reprises, Karpov représenta l’URSS lors des Olympiades, considérées jusqu’au milieu des années 1980 comme le Championnat du monde par équipes. À chaque fois, l’URSS remporta la médaille d’or.

En 1972, à Skopje, en 1er remplaçant, il marqua 13 points sur 15 (+12 -1 =2) et obtint la médaille d’or individuelle pour le cinquième échiquier. A Nice, en 1974, au 1er échiquier, il obtint 12 points sur 14 (+10 =4) et la médaille d’or individuelle.

En 1976, les Olympiades furent organisées à Haïfa en Israël et l’Union soviétique refusa d’y participer pour raisons politiques. En 1978, à Buenos Aires, Karpov ne joua pas pour son équipe, car il avait été épuisé par son match de championnat du monde qui venait de s’achever. Son absence eut pour conséquence que pour la première fois depuis 1952, l’URSS dut se contenter de la 2e place, devancée par la Hongrie.

Karpov fut de retour au 1er échiquier en 1980 à La Valette, et marqua 9 points sur 12 (+6 =6). A Lucerne, en 1982, toujours au 1er échiquier, il marqua 6½ points sur 8 (+5 =3).

Karpov ne participa pas à l’Olympiade de Thessalonique de 1984, car il disputait alors son premier match contre Kasparov, qui dura cinq mois (de septembre 1984 à février 1985).

En 1986 à Dubaï, au 2e échiquier, il inscrivit 6 points sur 9 (+4 -1 =4). Pour sa dernière participation, au 2e échiquier, en 1988 à Thessalonique, Karpov obtint 8 points sur 10 (+6 =4) – Médaille d’or individuelle et 2e meilleure performance absolue.

Au total, Karpov disputa 68 parties dans le cadre des Olympiades, pour un résultat de +43 -2 =23.

Quelques parties remarquables

  • Anatoli Karpov – Veselin Topalov, Tournoi de Linares, 1994

La partie ci-dessous, jouée durant le meilleur tournoi de la carrière de Karpov, voit ce dernier offrir sa tour à trois reprises. Elle a remporté le concours de la meilleure partie de l’Informateur d’échecs n° 60.

1. d4 Cf6 2. c4 c5 3. Cf3 cxd4 4. Cxd4 e6 5. g3 Cc6 6. Fg2 Fc5 7. Cb3 Fe7 8. Cc3 O-O 9. O-O d6 10. Ff4 Ch5 11. e3 Cxf4 12. exf4 Fd7 13. Dd2 Db8 14. Tfe1! g6 15. h4 a6 16. h5 b5 17. hxg6 hxg6 18. Cc5 dxc5 19. Dxd7 Tc8 (Diagramme)

20. Txe6!! Ta7 [20…fxe6 21.Fxc6 Ta7 22.Dxe6+ Rg7 23.Fd7 les blancs gardent leur avantage matériel] 21. Txg6+! fxg6 22. De6+ Rg7 23. Fxc6 Td8 24. cxb5 Ff6 25. Ce4 Fd4 26. bxa6 Db6 27. Td1 Dxa6 28. Txd4!! Txd4 [28…cxd4 29.Df6+ Rh6 30.Dh4+ Rg7 31.Dxd8 Dxc6 32.Dxd4+ et les blancs sont mieux] 29. Df6+ Rg8 30. Dxg6+ Rf8 31. De8+ Rg7 32. De5+ Rg8 33. Cf6+ Rf7 34. Fe8+ Rf8 35. Dxc5+ Dd6 36. Dxa7 Dxf6 37. Fh5 Td2 38. b3 Tb2 39. Rg2 1-0

  • Anatoli Karpov – Vladimir Kramnik, Tournoi de Linares, 1994

1. d4 d5 2. c4 c6 3. Cf3 Cf6 4. Cc3 e6 5. e3 Cbd7 6. Fd3 dxc4 7. Fxc4 b5 8. Fd3 a6 9. e4 c5 10. d5 c4 11. dxe6 fxe6 12. Fc2 Fb7 13. 0-0 Dc7 14. Cg5 Cc5 15. e5! Dxe5 16. Te1 Dd6 17. Dxd6 Fxd6 18. Fe3! (TN) Ce coup a été jugé la plus importante Nouveauté Théorique dans l’ Informateur d’échecs n° 60, qui a ainsi décerné ses deux principales récompenses à la même personne pour le même Tournoi. Karpov aurait déclaré : « Cela survient très rarement dans l’histoire de ces compétitions! ». 18. Fe3 est une idée originale, de nature stratégique plutôt que tactique, dans une ouverture dont les arcanes étaient alors un des prés carrés de Vladimir Kramnik. Ce dernier mit près de 50 minutes pour répondre 18…0-0 19. Tad1 Fe7 20. Fxc5 Fxc5 21. Cxe6 Tfc8 22. h3! « un coup modeste, typique de Karpov, qui prépare une offensive à grande échelle sur l’ aile-roi » (Kasparov) Ff8? ( Viktor Kortchnoï recommanda 22…Tab8!) 23. g4 h6 24. f4! Ff3 25. Td2 Fc6 26. g5 hxg5 27. fxg5 Cd7 28. Cxf8! Cxf8 29. Td6! b4 30. Ce4 (30. Cd5!) Fe8 31. Cg3! Td8 32. Cf5 Txd6 33. Cxd6 Fg6? (33…Ff7) 34. Fxg6 Cxg6 35. Cxc4 Td8 36. Te4! b3 37. axb3 Td3 38. Rg2 Txb3 39. h4 Cf8?! 40. Te8! et les Noirs perdirent au temps dans une position difficile 1-0

  • Anatoli Karpov – Gary Kasparov, Championnat du monde 1987, Séville, 15e partie

La partie ci-dessous, jouée durant le Championnat du monde qui a vu Karpov marquer le même nombre de points que Kasparov, a été jugée par Raymond Keene comme « l’une des plus aiguës et des plus excitantes disputées entre ces deux grands champions ».

1. d4 Cf6 2. c4 g6 3. Cc3 d5 4. Cf3 Fg7 5. Db3 d5xc4 6. Dxc4 0-0 7. e4 Ca6 8. Fe2 c5 9. d5 e6 10. 0-0 e6xd5 11. e4xd5 Ff5 12. Td1 Te8 13. d6 h6!! (coup extraordinaire, joué après 23 minutes de réflexion, mais ce coup d’attente a forcé Karpov a réfléchir pendant 29 minutes) 14. h3 Cb4 15. Ff4 Cd7 16. Td2!! (la réponse du berger à la bergère: le pion d6 survivra dans toute sa gloire) a6 17. Db3 b5 18. Dd1 c4 19. a4 Cc5 20. a4xb5 Cbd3 21. Fxd3 Cxd3 22. Txd3 c4xd3 23. Cd5 a5xb6 24. Ce7+ Rh7 25. Txa8 Dxa8 26. Cxf5 g6xf5 27. Dxd3 De4 28. Dxb5 Ta8 29. Fd2 Td8 30. Dc5 De6 31. Ff4 Fxb2 32. Ch4 Ff6 33. Dxf5+ Dxf5 34. Cxf5 h5 35. g4 h5xg4 36. h3xg4 Rg6 37. Rg2 Fb2 38. Ce7+ Rf6 39. Cc6 Td7 40. Cb8 Td8 41. d7 Re6 42. Rf3 Fa3 43. Fc7 1/2-1/2.

Héritage

Théorie des ouvertures

Plusieurs apports de Karpov à la théorie des ouvertures sont détaillés par Gary Kasparov dans son ouvrage On my great predecessors, Part V, même si beaucoup de ces nouveautés théoriques étaient en fait dues aux nombreux secondants de Karpov, qui se contentait de « réciter sa leçon ».

Un exemple en est donné par la célèbre seconde partie entre Karpov et Viktor Kortchnoï (avec les Noirs) du match des candidats à Moscou en 1974, où Karpov « déballa » tout un lot de nouveautés théoriques préparées par son équipe :

1. e4 c5 2. Cf3 d6 3. d4 cxd4 4. Cxd4 Cf6 5. Cc3 g6 6. Fe3 Fg7 7. f3 Cc6 8. Dd2 O-O 9. Fc4 Fd7 10. h4 Tac8 11. Fb3 Ce5 12. 0-0-0 Cc4 13. Fxc4 Txc4 14. h5! (bon coup) Cxh5 15. g4 Cf6 (voir diagramme)
16. Cde2 !? (Nouveauté théorique)
16… Da5? (coup douteux, 16…Te8! est meilleur) 17. Fh6! Fxh6 18. Dxh6 Tfc8
19. Td3! (une autre nouveauté théorique)
19… T4c5? 20. g5!! (très bon coup) Txg5 21. Td5!! Txd5 22. Cxd5 Tce8 23. Cef4 Fc6 24. e5!! Fxd5 25. exf6 exf6 26. Dxh7+ Rf8 27. Dh8+ 1-0.

Cette partie superbe a reçu 89 points sur un maximum possible de 90 accordés par le Jury de l’ Informateur d’échecs n° 18 (8 des 9 juges votèrent pour qu’elle soit la meilleure partie, et le neuxième ( Max Euwe) la classa seconde). Une telle unanimité est rare. La partie a également été élue meilleure nouveauté théorique du numéro 18 de l’informateur.

Idées stratégiques

Karpov s’est fait le champion de lignes positionnelles telles que 4…Cd7 dans la défense Caro-Kann, 3. Cd2 contre la défense française ou bien des lignes avec le modeste coup Ff1-e2 contre la défense sicilienne. Ces ouvertures existaient déjà avant Karpov, mais il a démontré, grâce à son excellente technique, qu’elles pouvaient avoir du mordant. Cela n’était pas évident car une opinion communément répandue était notamment qu’en jouant 1. e4, les Blancs devaient adopter des lignes agressives pour l’emporter.

Par conséquent, si Karpov n’était pas un grand découvreur de nouveautés théoriques, il a popularisé une nouvelle approche du milieu de jeu, plus patiente et moins spectaculaire. On peut ainsi lire dans le livre de poche Les échecs de Frits van Seters : « Ses matchs victorieux contre Kortchnoï (Baguio 1978 et Mérano 1981), sa défaite contre Kasparov laissent à la postérité un matériel où des idées stratégiques souvent inédites foisonnent ». Michel Roos a écrit : « Dans une série de parties brillantes, le champion du monde a montré qu’il n’est pas tellement important de pénétrer dès l’ouverture dans le camp adverse avec ses pièces. Bien plus important est de contrôler visuellement les déplacements de l’adversaire et, pendant ce temps, de s’efforcer de créer dans son propre camp un « organisme échiquéen » élastique, flexible, de modifier l’agencement des pièces à l’affût de futures actions et attaques. Cette nouvelle conception modifie le jugement porté sur un certain nombre d’ouvertures qui, considérées jusqu’ici comme passives, sont à présent reconnues comme favorables parce ce que permettant de souples préparations à des plans futurs ».

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Anatoly Karpov

Anatoly Karpov
Karpov, Anatoly (Flickr).jpg
Anatoly Karpov, 2006
Full name Anatoly Yevgenyevich Karpov
Country Russia
Born May 23, 1951 (age 59)
Zlatoust, RSFSR, Soviet Union
Title Grandmaster (1970)
World Champion 1975–1985
1993–1999 (FIDE)
FIDE rating 2619
(No. 140 on the September 2009 FIDE ratings list)
Peak rating 2780 (July 1994)

Anatoly Yevgenyevich Karpov ( Anatolij Evgen’evic Karpov; born May 23, 1951) is a Soviet and Russian chess grandmaster and former World Champion. He was official world champion from 1975 to 1985, played three more matches for the title from 1986 to 1990, then was FIDE World Champion from 1993 to 1999. For his decades-long standing among the world’s elite, Karpov is considered one of the greatest players of all time.

His tournament successes include over 160 first-place finishes. [1] He had a peak Elo rating of 2780, and his 90 total months at world number-one are second all-time behind only Garry Kasparov since the inception of the FIDE ranking list in 1971.

Since 2005, he has been a member of the Public Chamber of Russia. He has recently involved himself in several humanitarian causes, such as advocating the use of iodised salt. [2]

Contents

Early life

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Karpov was born on May 23, 1951 at Zlatoust in the Urals region of the former Soviet Union, and learned to play chess at the age of four. His early rise in chess was swift, as he became a Candidate Master by age eleven. At twelve, he was accepted into Mikhail Botvinnik’s prestigious chess school, though Botvinnik made the following remark about the young Karpov: « The boy does not have a clue about chess, and there’s no future at all for him in this profession. » [3] Karpov acknowledged that his understanding of chess theory was very confused at that time, and wrote later that the homework which Botvinnik assigned greatly helped him, since it required that he consult chess books and work diligently. [4] Karpov improved so quickly under Botvinnik’s tutelage that he became the youngest Soviet National Master in history at fifteen in 1966; this tied the record established by Boris Spassky in 1952.

International career

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1967–1969

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Karpov finished first in his first international tournament in Trinec several months later, ahead of Viktor Kupreichik. In 1967, he won the annual European Junior Championship at Groningen. Karpov won a gold medal for academic excellence in high school, and entered Moscow State University in 1968 to study mathematics. He later transferred to Leningrad State University, eventually graduating from there in economics. One reason for the transfer was to be closer to his coach, Grandmaster Semyon Furman, who lived in Leningrad. In his writings, Karpov credits Furman as a major influence on his development as a world-class player. In 1969, Karpov became the first Soviet player since Spassky (1955) to win the World Junior Chess Championship, scoring an undefeated 10/11 in the finals at Stockholm. In 1970, he tied for fourth place at an international tournament in Caracas, Venezuela, and was awarded the grandmaster title.

Top-Class Grandmaster

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He won the 1971 Alekhine Memorial in Moscow (equal with Leonid Stein), ahead of a star-studded field, for his first significant adult victory. His Elo rating shot from 2540 in 1971 to 2660 in 1973, when he shared second in the USSR Chess Championship, and finished equal first with Viktor Korchnoi in the Leningrad Interzonal Tournament, with the latter success qualifying him for the 1974 Candidates Matches, which would determine the challenger of the reigning world champion, Bobby Fischer.

Candidate

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Karpov defeated Lev Polugaevsky by the score of +3 =5 in the first Candidates’ match, earning the right to face former champion Boris Spassky in the semi-final round. Karpov was on record saying that he believed Spassky would easily beat him and win the Candidates’ cycle to face Fischer, and that he (Karpov) would win the following Candidates’ cycle in 1977. Spassky won the first game as Black in good style, but tenacious, aggressive play from Karpov secured him overall victory by +4 -1 =6. The Candidates’ final was played in Moscow with Korchnoi. Karpov took an early lead, winning the second game against the Sicilian Dragon, then scoring another victory in the sixth game. Following ten consecutive draws, Korchnoi threw away a winning position in the seventeenth game to give Karpov a 3–0 lead. In game 19, Korchnoi succeeded in winning a long endgame, then notched a speedy victory after a blunder by Karpov two games later. Three more draws, the last agreed by Karpov in a clearly better position, closed the match, as he thus prevailed +3 -2 =19, moving on to challenge Fischer for the world title.

Fischer’s opponent in 1975?

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Though a world championship match between Karpov and Fischer was highly anticipated, those hopes were never realised. Fischer insisted that the match be the first to ten wins ( draws not counting), but that the champion would retain the crown if the score was tied 9–9. FIDE, the International Chess Federation, refused to allow this proviso, and FIDE declared that Fischer relinquished his crown. Karpov later attempted to set up another match with Fischer, but all the negotiations fell through. This thrust the young Karpov into the role of World Champion without having faced the reigning champion. Garry Kasparov argued that Karpov would have had good chances, because he had beaten Spassky convincingly and was a new breed of tough professional, and indeed had higher quality games, while Fischer had been inactive for three years. [5] Spassky thought that Fischer would have won in 1975 but Karpov would have qualified again and beaten Fischer in 1978. [6]

World champion

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Determined to prove himself a legitimate champion, Karpov participated in nearly every major tournament for the next ten years. He convincingly won the very strong Milan tournament in 1975, and captured his first of three Soviet titles in 1976. He created a phenomenal streak of tournament wins against the strongest players in the world. Karpov held the record for most consecutive tournament victories (nine) until it was shattered by Garry Kasparov (14). In 1978, Karpov’s first title defence was against Korchnoi, the opponent he had defeated in the 1973–75 Candidates’ cycle; the match was played at Baguio in the Philippines, with the winner needing six victories. As in 1974, Karpov took an early lead, winning the eighth game after seven draws to open the match, but Korchnoi staged a comeback late in the match, as, after the score was +5 -2 =20 in Karpov’s favour, he won three of the next four games to draw level, with Karpov then winning the next game to retain the title (+6 -5 =21).

Three years later Korchnoi re-emerged as the Candidates’ winner against German finalist Dr. Robert Hübner to challenge Karpov in Meran, Italy. This match, however, was won handily by Karpov, the score being (11–7, +6 -2 =10) in what is remembered as the « Massacre in Merano ».

Karpov’s tournament career reached a peak at the exceptional Montreal « Tournament of Stars » tournament in 1979, where he finished joint first (+7 -1 =10) with Mikhail Tal, ahead of a field of strong grandmasters completed by Jan Timman, Ljubomir Ljubojevic, Spassky, Vlastimil Hort, Lajos Portisch, Huebner, Bent Larsen and Lubomir Kavalek. He dominated Las Palmas 1977 with an incredible 13½/15. He also won the prestigious Bugojno tournament in 1978 (shared) and 1980, the Linares tournament in 1981 (shared with Larry Christiansen) and 1994, the Tilburg tournament in 1977, 1979, 1980, 1982, and 1983, and the Soviet Championship in 1976, 1983, and 1988.

Karpov represented the Soviet Union at six Chess Olympiads, in all of which the USSR won the team gold medal. He played first reserve at Skopje 1972, winning the board prize with 13/15. At Nice 1974, he advanced to board one and again won the board prize with 12/14. At La Valletta 1980, he was again board one and scored 9/12. At Lucerne 1982, he scored 6½/8 on board one. At Dubai 1986, he scored 6/9 on board two. His last was Thessaloniki 1988, where on board two he scored 8/10. In Olympiad play, Karpov lost only two games out of 68 played.

To illustrate Karpov’s dominance over his peers as champion, his score was +11 -2 =20 versus Spassky, +5 =12 versus Robert Hübner, +6 -1 =16 versus Ulf Andersson, +3 -1 =10 versus Vasily Smyslov, +1 =16 versus Mikhail Tal, +10 -2 =13 versus Ljubojevic.

Karpov had cemented his position as the world’s best player and world champion by the time Garry Kasparov arrived on the scene. In their first match, the World Chess Championship 1984, held in Moscow, with the victor again being the first to win six games outright, Karpov built a commanding 4–0 lead after nine games. The next seventeen games were drawn, setting the record for world title matches, and it took Karpov until Game 27 to gain his fifth win. In Game 31, Karpov had a winning position but failed to take advantage and settled for a draw. He lost the next game, after which fourteen more draws ensued. In particular, Karpov held a solidly winning position in Game 41, but again blundered and had to settle for a draw. After Kasparov won Games 47 and 48, FIDE President Florencio Campomanes unilaterally terminated the match, citing the health of the players. [7] The match had lasted an unprecedented five months, with five wins for Karpov, three for Kasparov, and a staggering forty draws.

A rematch was set for later in 1985, also in Moscow. The events of the so-called Marathon match forced FIDE to return to the previous format, a match limited to 24 games (with Karpov remaining champion if the match should finish 12–12). In a hard fight, Karpov had to win the final game to draw the match and retain his title, but wound up losing, thus surrendering the title to his opponent. The final score was 11–13 (+3 -5 =16), in favor of Kasparov.

Rivalry with Kasparov

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Karpov remained a formidable opponent (and the world #2) until the early 1990s. He fought Kasparov in three more world championship matches in 1986 (held in London and Leningrad), 1987 (held in Seville), and 1990 (held in New York City and Lyon). All three matches were extremely close: the scores were 11½ to 12½ (+4 -5 = 15), 12 to 12 (+4 -4 =16), and 11½ to 12½ (+3 -4 =17). In all three matches, Karpov had winning chances up to the very last games. In particular, the 1987 Seville match featured an astonishing blunder by Kasparov in the 23rd game. In the final game, needing only a draw to win the title, Karpov cracked under pressure from the clock at the end of the first session of play, missed a variation leading to an almost forced draw, and allowed Kasparov to adjourn the game with an extra pawn. After a further mistake in the second session, Karpov was slowly ground down and resigned on move 64, ending the match and allowing Kasparov to keep the title.

In their five world championship matches, Karpov scored 19 wins, 21 losses, and 104 draws in 144 games.

Karpov is on record saying that had he had the opportunity to fight Fischer for the crown in his twenties, he (Karpov) could have been a much better player as a result (in a similar way as Kasparov’s constant rivalry with him helped Kasparov to achieve his full potential).

FIDE champion again (1993–1999)

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Karpov in 1996

In 1992, Karpov lost a Candidates Match against Nigel Short. But in 1993, Karpov reacquired the FIDE World Champion title when Kasparov and Short split from FIDE. Karpov defeated Timman – the loser of the Candidates’ final against Short.

The next major meeting of Kasparov and Karpov was the 1994 Linares chess tournament. The field, in eventual finishing order, was Karpov, Kasparov, Shirov, Bareev, Kramnik, Lautier, Anand, Kamsky, Topalov, Ivanchuk, Gelfand, Illescas, Judit Polgár, and Beliavsky; with an average Elo rating of 2685, the highest ever at that time, making it the first Category XVIII tournament ever held. Impressed by the strength of the tournament, Kasparov had said several days before the tournament that the winner could rightly be called the world champion of tournaments. Perhaps spurred on by this comment, Karpov played the best tournament of his life. He was undefeated and earned 11 points out of 13 possible (the best world-class tournament winning percentage since Alekhine won San Remo in 1930), finishing 2½ points ahead of second-place Kasparov and Shirov. Many of his wins were spectacular (in particular, his win over Topalov is considered possibly the finest of his career). This performance against the best players in the world put his Elo rating tournament performance at 2985, the highest performance rating of any player in history up until 2009, when Magnus Carlsen won the category XXI Pearl Spring chess tournament with a performance of 3002. However, chess statistician Jeff Sonas still considers Karpov’s Linares performance as the best tournament result in history. [8]

Karpov defended his FIDE title against Gata Kamsky (+6 -3 =9) in 1996. However, in 1998, FIDE largely scrapped the old system of Candidates’ Matches, instead having a large knock-out event in which a large number of players contested short matches against each other over just a few weeks. In the first of these events, the FIDE World Chess Championship 1998, champion Karpov was seeded straight into the final, defeating Viswanathan Anand (+2 -2 =2, rapid tiebreak 2:0). In the subsequent cycle, the format was changed, with the champion having to qualify. Karpov refused to defend his title, and ceased to be FIDE World Champion after the FIDE World Chess Championship 1999.

Towards retirement?

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Karpov’s outstanding classical tournament play has been seriously limited since 1995, since he prefers to be more involved in politics of his home country of Russia. He had been a member of the Supreme Soviet Commission for Foreign Affairs and the President of the Soviet Peace Fund before the Soviet Union dissolved. In addition, he had been involved in several disputes with FIDE and became increasingly disillusioned with chess. In the September 2009 FIDE rating list, he dropped out of the world’s Top 100 for the first time.

Karpov usually limits his play to exhibition events, and has revamped his style to specialize in rapid chess. In 2002 he won a match against Kasparov, defeating him in a rapid time control match 2½-1½. In 2006, he tied for first with Kasparov in a blitz tournament, ahead of Korchnoi and Judit Polgár. [9]

Karpov and Kasparov played a mixed 12-game match from September 21–24, 2009, in Valencia, Spain. It consisted of four rapid (or semi rapid) and eight blitz games and took place exactly 25 years after the two players’ legendary encounter at World Chess Championship 1984. [10] Kasparov won the match 9-3.

Candidate to FIDE Presidency

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In March 2010 Karpov announced that he would be a candidate for the presidency of FIDE. The election took place in September 2010 at the 39th Chess Olympiad. [11] In May a fund-raising event took place in New York with the participation of his former rival Garry Kasparov and of Magnus Carlsen, both of whom supported his bid and campaigned for him. [12] Also Nigel Short has announced he supported Karpov’s candidacy. However, on September 29, 2010, Kirsan Ilyumzhinov was reelected as President of FIDE, winning the election by 95 votes to 55. [13]

Style

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Karpov’s « boa constrictor » playing style is solidly positional, [14] taking no risks but reacting mercilessly to any tiny errors made by his opponents. As a result, he is often compared to his idol, the famous José Raúl Capablanca, the third World Champion. Karpov himself describes his style as follows:

Let us say the game may be continued in two ways: one of them is a beautiful tactical blow that gives rise to variations that don’t yield to precise calculation; the other is clear positional pressure that leads to an endgame with microscopic chances of victory…. I would choose the latter without thinking twice. If the opponent offers keen play I don’t object; but in such cases I get less satisfaction, even if I win, than from a game conducted according to all the rules of strategy with its ruthless logic.

Notable games

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  • sacrifices a Pawn for a strong center and Queen-side attack.
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  • Keres Attack (6. g4) – see his win in edit] HobbiesKarpov is known to have a large chess stamp and chess book collections. His private chess library consists of 9000 books.
       
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