La particularité du Roi
Son déplacement
Le Roque
L’échec, et l’échec et mat, le pat : définitions
La particularité du roi
Le roi est particulier aux échecs, puisque c’est la pièce primordiale et vitale à chaque camp, et la cible à capturer pour mettre un terme victorieusement à la partie. Il est interdit de le mettre ou de laisser en prise, et un joueur fera « échec et mat » s’il menace directement le roi adverse, et que les options de l’adversaire ne lui permettront pas de le sauver immédiatement.
Le déplacement du roi
Le Roi se déplace dans tous les sens et dans toutes les directions, comme la Dame, donc, mais à la différence qu’il ne peut se déplacer qu’uniquement d’une case. Soit tout autour de lui, finalement, et à condition ne pas être attaqué au tour suivant. Est-il un peu fainéant ou un peu trop vieux (?), il ne peut effectuer que le déplacement minimum sur l’échiquier. Et à la condition exclusive de n’être pas attaqué par un élément adverse lorsque le tour est rendu à l’adversaire.
Il ne peut pas être laissé en prise, il ne peut pas se mettre volontairement en échec (dans une position où il peut être pris), et lorsqu’une pièce menace de le prendre ou l’attaque, on dit qu’elle lui fait « échec ».
Remarques sur le roi :
Il n’est pas obligatoire d’annoncer lorsqu’on donne un échec au roi.
Il faut toujours faire attention aux coups irréguliers, notamment ceux qui laissent le roi en échec : donc toujours surveiller les mouvements de pièces qui pourraient nous mettre en échec, les mouvements de pièces libérant une pièce longue portée qui attaquerait notre roi (« échec à la découverte »), et vérifier que la case d’arrivée est absolument sûre lorsqu’on déplace son Roi. Egalement, ne pas jouer non plus une pièce qui protégeait son Roi de l’attaque d’une pièce longue portée comme un Fou, une Dame, ou une Tour lorsque la « tension » existe.
Lorsqu’un tel déplacement de pièce est interdit parce qu’il laisserait ensuite son propre roi en échec, on dit que la pièce se trouve « clouée ».
Au début de la partie, on cherche à tout prix à protéger son roi, à le mettre à l’abri et à sa sécurité, et si possible à ne pas le déplacer avant qu’il ait roqué.
A la fin de la partie, il peut jouer un rôle très actif, parfois même un rôle décisif sur l’échiquier, en bloquant ou en croquant les pions adverses qui voudraient aller à promotion.
Le roque
Il existe un mouvement particulier au jeu d’échecs, propre au Roi et à la Tour de manière simultanée, appelé « Le roque ». Il est particulier, car c’est le seul coup qui fait se mobiliser deux pièces du même camp en un coup, et qui ne peut être effectué qu’une fois par un joueur dans la partie.
Les conditions du roque
Le Roque est impossible si :
Le Roi ou la Tour souhaitant roquer a déjà joué,
Le Roi est en échec, ou doit passer par une case où il le serait en devant l’effectuer,
Si une pièce quelconque se trouve entre les deux candidats au roque (entre le roi et la tour concernée),
Décomposer le déplacement du roque
Le principe du roque est le suivant :
Lorsque les conditions sont vérifiées, c’est à dire que ni le Roi ni la Tour n’ont bougé, que le Roi n’est pas en échec à ce moment, que l’adversaire ne contrôle pas une case située sur son chemin, et que naturellement, le chemin entre le Roi et la Tour est complètement dégagé, on peut alors, et en un seul coup, effectuer une permutation entre le roi et la tour, comme il est ici précisé :
On effectue toujours le roque (le petit ou le grand) de la même manière, et voici comment : on déplace le Roi de deux cases vers la Tour, quel que soit le nombre de cases qui les sépare, donc quel que soit le côté. Si on roque du côté Roi (du petit côté, où 2 cases séparent le Roi et la Tour) ou du grand côté (du côté de la dame, où 3 cases les séparent), on rapproche toujours le Roi de la Tour de la même distance, de deux cases. Ensuite, on fait passer la Tour de l’autre côté du Roi, par dessus lui, sur la case située immédiatement à côté.

Dans notre exemple, le Roi blanc ne peut pas roquer du côté dame (faire le grand-roque) à cause du contrôle exercé en d1 par le Fou placé en f3 : il traverserait effectivement une situation d’échec en passant par d1.
En revanche, rien ne l’empêche de roquer du côté roi (faire le petit-roque), si ni le roi, ni la tour h1 n’ont bougé, même si la Tour h1 est attaquée par le Fou (car pour roquer, on se préoccupe des attaques exercées contre le Roi, et non de la Tour).
Dans ce même exemple, du côté noir, le Roi noir ne peut pas roquer non plus du côté dame (faire le grand-roque) pour deux raisons : à cause du contrôle exercé par le Cavalier en d8, et celui du Fou en ç8. Le Roi ne pourra pas non plus effectuer le petit-roque, cette fois à cause de la présence de son fou en f8, même si le Roi et la Tour h8 n’ont pas encore bougé.
Notation
Pour noter le roque dans une partie d’échecs, on note :
« O-O » pour le « Petit roque »,
« O-O-O » pour le « Grand roque ».
Remarques sur le roque
– Notons qu’il est prudent, presque normal et presque toujours conseillé, de roquer. On le fait de préférence assez vite, et avant d’attaquer.
– Il faut éviter de se faire déroquer prématurément, soit être forcé de déplacer le roi autrement qu’en roquant en début de partie. A cause, par exemple, d’un sacrifice justifié, ou d’un échec donné par un fou ou la dame qu’on ne peut intercepter.
– Il peut y avoir un meilleur coup à faire que de roquer dès qu’on en a la possibilité, par exemple un coup d’attaque, tant que le roi est sûr de ne pas se faire déroquer, et pour retarder le choix du côté (petit ou grand côté).
En conclusion, il faut le plus souvent roquer, en tout cas toujours penser à se réserver cette possibilité, et de préférence le faire au bon moment, et du bon côté.
L’échec, l’échec et mat, le pat
On dit qu’il y a « échec » dès qu’une pièce adverse menace le Roi. Il n’est pas rare qu’il y ait un ou plusieurs échecs dans la partie, et cela ne met pas forcément un terme à la partie.
On dit qu’il y a « échec et mat » si une pièce met le Roi en échec, et qu’il n’y a aucune solution pour l’en sortir.
On dit qu’on peut « parer » un échec s’il y a échec, mais pas échec et mat. Dans ce cas, l’échec est juste une péripétie de la partie, qui peut être suivie d’effets (ou pas) sur la position.
Les 3 moyens de « parer » un échec peuvent être :
– de bouger son Roi sur une case libre non contrôlée par l’adversaire, y compris en prenant une pièce, éventuellement (à condition qu’elle ne soit pas défendue),
– d’intercepter l’échec (s’il est donné par une pièce longue portée comme le fou, la tour ou la dame) en plaçant un pion ou une pièce entre son roi et la pièce le menaçant,
– en prenant la pièce qui nous met en échec.
On dit qu’il y a « pat » si un joueur est obligé de jouer un coup illégal (un coup où il est forcé de se mettre en échec), mais qu’il n’est pas échec à ce moment. Cela peut arriver, notamment en fin de partie, et cette situation conduit à un match nul, et non à la victoire du camp qui aurait « pris » le roi au coup suivant. Mais si une pièce autre que le roi peut bouger sans qu’il y ait échec, naturellement, elle doit le faire.