Cappelle la Grande
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Interviews
Internationaux de blitz, Paris 2012
De très belles parties toute la journée, enlevées et très rythmées, évidemment, le spectacle était au rendez vous à Paris pour les internationaux de Blitz, remportés par Laurent Fressinet. Dans une ambiance feutrée malgré la réelle intensité du spectacle, les rebondissements furent nombreux.
Laurent Fressinet remporte ici son match face à Sébastien Feller, le vainqueur de l’édition 2010.
Namir Guliyev se fait ici cueillir en finale face à Alberto David, un spécialiste du blitz (vainqueur de l’édition 2007).
Commentaire : On voit qu’Alberto David contrôle bien le pion passé sur la colonne « a », et les éventuelles rentrées de la tour. Puis il a l’occasion de placer un sacrifice gagnant en récupérant gratuitement sa tour grâce à une enfilade, il reste ensuite à empêcher l’avancée du pion noir vers la promotion et à conserver ses pions pour pouvoir en amener au moins un à dame, avec l’aide du fou. Le fou réussit à gagner le temps escompté pour assurer l’arrivée du roi à temps, et finalement capturer un des derniers remparts de la position, pour créer un pion passé inarrêtable.
Laurent Fressinet face à Sergei Fedorchuk, excellent joueur.
Commentaire : Une menace latente terrible, un échec à la découverte suivi d’une menace de prise et de promotion en simultanée, va avoir raison de la position blanche. Un oubli fugace, sur lequel Laurent Fressinet ne peut que se précipiter, et ainsi sacrifier sa dame sans risque.
Un exemple de tour folle.
Commentaire : Jonathan Dourerassou avait une partie complètement gagnée, encore fallait-il concrétiser la position. En avançant son pion de cette manière, le roi blanc n’avait plus aucune case à laquelle accéder. Le signal « envoyé » à son adversaire devenait clair, la sacrifier, ou faire échec à chaque coup, en se collant au roi noir. Le roi n’ayant pas de cachette sur l’échiquier pour trouver une bonne solution, le résultat fut match nul.
Quelles sont les petites remarques qu’on pourrait se permettre par rapport à cette partie ?
Commentaire : Sur le plan du jeu, le joueur ayant les blancs peut interposer sa dame en ç5 un peu avant, forçant ainsi l’échange des dames, et s’assurant d’en faire une nouvelle, puisque son pion passé est inarrêtable.
Une fois la nouvelle dame placée sur l’échiquier, il était simple d’interdire l’avancée du pion noir et également la future aide du roi, pour tenter de l’avancer, sans avoir à manoeuvrer : en jouant Da2, puis Db2, le pion aurait été totalement bloqué.
Au niveau de l’arbitrage, le joueur qui a remporté la partie a laissé un pion adverse qu’il avait pris sur l’échiquier, puis il a appuyé sur la pendule, rendant le coup non valide.
Lorsque l’autre joueur joue un coup interdit, juste avant que les joueurs ne se serrent la main, il a effectivement lâché sa pièce et mis son roi en échec, mais il n’a pas encore appuyé sur la pendule. Il a donc le droit, dit le règlement, de reprendre son dernier coup, pour jouer son roi sur une case valide, puis d’appuyer. Mais ce réflexe est très fréquent, en blitz, et beaucoup de joueurs réclament un coup illégal dès que la pièce est lâchée. Et suite à la surprise occasionnée, peu de joueurs ont le réflexe de penser que la partie peut continuer après un coup qui va être déclaré illégal, parce qu’ils n’ont pas encore appuyé sur la pendule.