Améliorer la position d’une pièce
Aux échecs, on a généralement besoin de tout le monde pour forcer la décision, de toutes ses « forces », ou de toutes ses pièces, pourrait-on dire. Surtout si la partie est programmée pour durer, ce qu’il est assez normal d’imaginer, et ce qui est d’ailleurs le cas la plupart du temps.
Il y a presque toujours, en fonction du développement qui a été adopté, des pièces qui ont été placées aux avant postes, aux positions préférentielles, qui se menacent déjà mutuellement ou qui opèrent une pression sur l’adversaire qu’elles n’ont pas intérêt à céder. Mais qui ne permet malheureusement pas de conclure, généralement, ni même d’aller plus loin.
Notamment des fous ou des cavaliers occupant les cases les importantes ou préférentielles auxquelles il faut essayer d’accéder, celles dites « centralisées », ou des tours déjà actives sur une colonne, ouverte ou semi ouverte, exerçant ainsi une certaine pression, jouant déjà leur rôle. Les pièces ainsi envoyées au front, dans un premier temps, exercent donc une sorte de pression virtuelle, un « premier rideau », en quelque sorte. Qui ont pu permettre de penser à une attaque rapide au départ, ou du moins à des menaces intéressantes à tenter, mais qui ne peuvent forcer la décision à elles seules, même associées.
Naturellement, à ce stade, il y a normalement d’autres pièces « en réserve », ou « en attente », sur l’échiquier, dont on aurait aussi pu se servir dans le même temps, mais qui n’ont pas encore été « choisies », car elles n’avaient pas de rôle aussi actif à jouer durant les premiers instants de la partie. Et qui peuvent à présent, et doivent même, trouver leur utilité. En fonction de l’équilibre déjà établi, les positions naturelles ou les chemins vers la position adverse se retrouveront souvent obstrués, et un développement habituel serait peut être à considérer comme stérile, ou risqué. Il va donc falloir s’occuper de ces pièces, à présent, dont le développement a été retardé, et leur trouver soit une meilleure place, soit un itinéraire vers une zone où elles seront appréciées.
Ces pièces, bien sûr, même si elles ne rentrent pas de plein pied dans l’action aussi vite que souhaité, ne sont pas à négliger. Elles vont peut être pouvoir faire pencher l’équilibre de la position en notre faveur, si on parvient à leur trouver un chemin intéressant, ou une contribution à un plan bien construit.
Ce nouvel itinéraire prendra peut être un peu plus de temps que d’habitude, et c’est pourquoi il faudra souvent faire un choix, entre ces dernières pièces à améliorer : soit développer la pièce, la centraliser pour se réserver plusieurs options ultérieurement, et faire de même avec les autres pièces « à la traîne », ou bien jouer plusieurs fois cette même pièce, et tenter de faire pencher la balance avec elle seule, bien qu’un tel plan soit facilement prévisible.
De toute manière, le choix est relativement limité : si avec les pièces lancées en premier lieu vers l’action, on est sûr de ne pas aboutir à un avantage concret, ou pire, on risque fortement de se faire refouler ou prendre à revers avec une amélioration adverse attendue à la clé, il faut évidemment activer une pièce non développée à la place, améliorer sa position (par exemple, la centraliser), et temporiser.
Ainsi, on se réserve des possibilités supplémentaires pour la suite, plus calmes, peut être, mais qui pourront cette fois faire intervenir suffisamment de forces sur un point important donné, pour créer une menace sérieuse, cette fois, et concrétisée.