Les bases du jeu d’échecs

Qu’est ce que le matériel, aux échecs ?
La valeur des pièces
Les principes fondamentaux
Le développement
La différence entre l’échec et l’échec et mat

Le matériel, aux échecs

Nous appelons « Matériel », aux échecs, l’ensemble des ressources avec lesquelles nous disputons une partie. Cela correspond à l’ensemble des pions et des pièces que nous possédons initialement, et que nous pouvons déplacer. C’est un élément prépondérant, presque primordial, et souvent décisif aux échecs. Plus on gagne du matériel au cours de la partie, soit en quantité, soit en qualité (certaines pièces étant meilleures que d’autres), plus on se retrouve « en surnombre » et en supériorité vis à vis de l’adversaire sur l’échiquier, et plus nous nous serons ainsi rapprochés, à priori, de la victoire.

Car naturellement, en supériorité matérielle, tout est plus simple, aux échecs. Il est plus facile d’être présent au bon moment, avec ses figures, pour attaquer comme pour défendre, et de mieux contrôler les endroits les plus stratégiques de l’échiquier, et ceux susceptibles de le devenir.

On améliore donc grandement nos chances de gagner la partie à partir du moment où on réussit à prendre un ou plusieurs pions d’avance à son adversaire, voire une pièce, car moins il lui restera de forces par rapport à nous, les pièces ayant à la fois un rôle offensif et défensif, mieux on contrôlera l’ensemble de l’échiquier de manière sûre.

On pourra alors s’appliquer à finaliser cet avantage obtenu pas à pas, soit en attaquant en tentant de mater agressivement le roi adverse si jamais la moindre brèche apparaît dans sa position, ou bien, un peu plus sagement, en progressant vers lui sans craindre d’échanger les pièces de même valeur, et en amenant éventuellement un pion sur la dernière rangée, en finale, ce qui permettra d’obtenir une dame supplémentaire, et fera normalement pencher la balance de manière définitive pour le joueur qui aura atteint cet objectif.

Gagner du matériel est donc un objectif primaire, aux échecs, et prioritaire. Et une idée constante à rechercher.

Le gain d’un pion est-il important, aux échecs ?

Oui, car si un pion ne vaut qu’un point, comptablement, ce qui peut paraître assez peu, effectivement, notamment en comparaison de la valeur d’une pièce (3, 5, ou 10 points comme nous le verrons), mais 1 point, et il faut savoir le dire notamment aux jeunes, cela est déjà beaucoup, dans certains cas. Et c’est le cas, en particulier, au jeu d’échecs. Un pion d’avance pris en début de partie augmentera considérablement le potentiel d’attaque et de contrôle d’un camp sur l’échiquier, et donc grâce à cela, les chances de remporter le match pour le joueur qui obtient un tel avantage, en s’appliquant. Si le pion est pris dans de bonnes conditions, bien sûr, et que ce gain est le résultat soit d’une imprécision adverse, soit d’un très bon jeu de sa part qui aura laissé l’adversaire sans riposte correcte pour le sauver, et qui ne laisserait naturellement pas d’autre avantage à l’adversaire, en contrepartie.

Qu’est ce qui est le plus important, aux échecs : gagner du matériel, ou faire échec et mat ?

Naturellement, c’est faire échec et mat qui reste le but de chaque joueur, aux échecs.

Si vous apercevez une possibilité de mat, et si ce mat est absolument certain, dans ce cas, il faut toujours le faire, et ceci sans hésitation. C’est le plus important aux échecs, c’est le but du jeu, et ainsi, il ne pourra plus y avoir aucune mauvaise surprise par la suite.

Si vous voyez que c’est l’adversaire qui vous menace de mat, naturellement, ne lui en laissez pas la possibilité si vous pouvez l’éviter. Ne vous laissez pas tenter par autre chose, et n’allez surtout pas chercher à lui prendre du matériel, si c’est vous qui êtes en danger. Cela reviendrait à vous jeter sur un cadeau empoisonné.

Si aucun des joueurs n’a de menace de mat, ni d’attaque dangereuse envers le roi adverse, alors en général, la lutte des deux joueurs s’organisera pour tenter de prendre du matériel à l’autre, comme nous avons expliqué précédemment.

Questions :

Si le cas de figure suivant se présente à vous, comment réagiriez vous ?

Vous avez le choix entre faire échec et mat à votre adversaire, de manière forcée (mais vous devez vous en assurer, car des cases de fuite sont peut être accessibles, ou vous pouvez prendre coup sur coup un cavalier adverse, puis un fou. Quelle option prenez-vous ?

Vous vous trouvez devant le dilemme suivant : vous voyez que l’adversaire vous menace de mat, et ceci assez visiblement. Vous avez la possibilité de parer ce mat en jouant un coup de défense, mais en jouant ce coup, vous vous privez de la prise d’une pièce importante adverse (la tour).

L’adversaire vous met en échec, et le seul moyen pour parer cet échec (votre roi ne peut pas fuir, et vous ne pouvez pas capturer la pièce de l’adversaire), est de sacrifier une pièce pour tenter d’au moins reculer l’échéance : que faites vous ?

Réponses :

Entre choisir entre garder ses pièces, et sauver son roi, s’il est vraiment menacé de mort, évidemment, le but du jeu est clair : il faut capturer le roi adverse et sauver le sien, donc s’il faut vraiment éviter l’échec et mat, autant donner des pièces…

Et à l’inverse, si nous voyons un échec et mat forcé à imposer à l’adversaire, nous pouvons faire cadeau sans remord de pièces facultatives à son exécution, mêmes si elles sont puissantes, y compris la dame, si la victoire est sûre d’être assurée.

Mais sans mat forcé, ni gain rapide à l’horizon, la valeur des pièces qui évoluent sur l’échiquier est pratiquement toujours décisive.

La valeur des pièces :

On attribue, pour hiérarchiser les pièces et s’aider à se situer, si jamais on a la possibilité d’échanger des pièces qui ne sont pas similaires, une valeur numérique à chaque pièce.

Je préfère bien préciser l’élément suivant, cette valeur numérique attribuée de manière standard aux pièces du jeu d’échecs est fictive, et donc virtuelle. On ne comptera jamais le « score » de ce qui a été capturé de part et d’autre de l’échiquier, pour savoir qui a gagné. Le résultat final dépendra toujours bien de la capture du roi, ou bien du temps écoulé si on le prend en compte, mais lorsqu’on met le roi adverse en échec et mat alors que l’on évolue avec deux pièces de moins sur l’échiquier, on aura alors remporté le match exactement de la même manière que si nous étions à égalité matérielle, ou bien en supériorité.

Le résultat enregistré pour la partie sera donc toujours défaite, victoire, ou match nul, mais en fonction des règles du jeu, et non de la valeur des pièces dont nous parlons ici.

Si on donne une valeur aux pièces, c’est en particulier pour ces raisons :

– Pour comprendre que certaines pièces sont meilleures que d’autres.
– Pour vous aider à choisir des échanges en votre faveur, si vous pouvez en faire, ou si vous êtes menacés d’un échange non standard.

Il faut savoir, comme nous venons de l’expliquer, qu’il est très important d’être au moins à égalité, dans la mesure du possible, au niveau des pions et des pièces (au niveau du matériel).

Sans plus attendre, donnons à présent leur valeur :

Pion : 1 point,
Cavalier : 3 points,
Fou : 3 points,
Tour : 5 points,
Dame : 10 points.

Notez bien que ces valeurs sont variables, indicatives, et fictives, et qu’elles pourront parfois varier un peu, suivant les positions. Elles sont unanimement reconnues, mais elles resteront virtuelles. Et si l’efficacité et l’activité des pièces manquantes feront naturellement défaut au camp qui se les sera vues capturées, la valeur « comptable » de l’ensemble des pièces capturées n’influera pas sur le score final, sur ni le résultat d’un match.

La valeur des pièces est basée sur le nombre de cases qu’elle peut contrôler habituellement, et sa mobilité potentielle, elle peut donc varier un peu suivant la position rencontrée, mais ces indications s’avèrent très fiables.

Le plus faible élément, si l’on peut dire, est le pion (1 point), car il est moins mobile que les pièces, et il ne peut pas reculer.
3 pions valent approximativement une pièce mineure (un cavalier ou un fou), en milieu et en début de jeu.
Mais en fin de partie, avec un seul cavalier contre seulement deux pions, je choisis les pions : normalement seul le camp avec les deux pions peut l’emporter en faisant une dame, tandis que le cavalier, après avoir mangé les pions, ne saura jamais faire mat avec l’aide de son roi.

L’exemple du fou et du cavalier :

Un Fou et un Cavalier ont la même valeur, officiellement (3 points), mais bien sûr ils sont différents. Selon la position, l’un ou l’autre peut être le meilleur.
Au début, on préférera souvent le cavalier, mobile, et pouvant infliger des fourchettes.
Plus le temps passe, plus l’échiquier se vide, la longue portée va rendre le fou souvent supérieur.

Ceci est un exemple pour avoir conscience que les échecs ne sont pas des mathématiques. Il faut toujours savoir que la valeur indicative des pièces est pratiquement tout le temps juste. Mais leur mobilité, leur complémentarité et leur perspective, décidera du vainqueur, et dépend de chaque situation.

L’intérêt du jeu va être de créer des petites différences entre les deux camps (à son avantage), puis d’augmenter son potentiel, pour enfin capturer le roi.
Tout en sachant que la capture du roi, dès qu’elle arrive, met un terme aux objectifs secondaire, ou temporaires.

Les principes fondamentaux

Vous allez à présent recevoir, avec les lignes qui vont suivre, des informations sur la manière de regarder le jeu et de le comprendre, et ensuite, très logiquement, de mieux y jouer.

La connaissance des principes du jeu (des principes généraux et des principes particuliers) devrait beaucoup vous aider, surtout au début, à bien en comprendre les rouages, alors soyez vraiment bien attentifs.

En premier lieu, sachez qu’avec une application et une réflexion équivalente entre deux joueurs d’échecs, celui qui possède quelques connaissances en plus sera censé prendre l’avantage relativement facilement sur son adversaire.

Tel un mode d’emploi ou un livre de recettes, si l’on veut, on peut appliquer certains principes de jeu bien connus pour réaliser et penser à certains coups, et il est conseillé d’appliquer ces méthodes indiquées dès les premières parties.

Il est souhaitable de les prendre en compte le plus rapidement possible, et de les « maîtriser », si on a envie de devenir bon un jour, ou simplement pour bien en comprendre le fonctionnement.

En les lisant, vous allez sans en avoir conscience améliorer nettement vos chances de bien jouer (le mot chance étant un peu une façon de parler, avec les échecs), et votre compréhension globale du jeu.

Si vous l’ignorez, la réflexion pure et la concentration sont très louables à elles seules, mais sont souvent moins efficace que si elles sont combinées et associées avec d’autres observations, et l’apprentissage des idées et des théories existantes.

De la même manière, on ne pourra pas tout réinventer tout soi-même, dans la vie, et il faut bien regarder comment les choses fonctionnent au départ, et évoluent, avant de foncer tête baissée pour tenter de réaliser la première expérience qui nous vient à l’esprit.

Ceci est déjà si l’on peut dire, une sorte de premier principe, non pas du jeu d’échecs simplement, mais aussi de la vie…

Apprendre, observer les choses, comprendre, savoir et retenir, vont et iront donc toujours ensemble, et permettent de mieux faire les choses.

Au jeu d’échecs, c’est exactement la même chose. Il faut bien comprendre les idées, les principes et le fonctionnement du jeu, on saura ensuite beaucoup mieux comment procéder, à quelle position on souhaiterait aboutir et les idées à plutôt éviter, et donc, plus généralement, on saura beaucoup mieux où et quoi chercher.

Un but et un schéma précis permettent mieux de s’orienter, de se concentrer sur les choses les plus utiles.

Orienter sa recherche vers des objectifs simples, connus et bons, améliore l’efficacité de sa réflexion, et permet de voir plus loin. C’est évidemment plus profitable que chercher dans le vide, ou un peu trop au hasard.

Cela simplifie grandement la tâche, et permet de rester concentrer.

Les méthodes générales aident donc les joueurs à trouver les meilleurs emplacements pour leurs pièces, aux différents moments de la partie, et donnent souvent plus de possibilités concrètes au joueur qui les respecte le mieux.

Vous le verrez, ces principes sont tous assez compréhensibles, simple à expliquer et à retenir, et relativement logiques.

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Ils permettent des possibilités au joueur le mieux placé, un avantage (parfois décisif) s’il concrétise l’opportunité ainsi offerte d’exploiter la situation.

Il arrive en effet un moment où un joueur, sachant son niveau et le situation, sait s’il va gagner à coup sûr, ou s’il n’a aucune chance si l’adversaire assure ses coups.
Ce moment peut varier selon les joueurs, selon l’assurance, la technique, enfin la connaissance et l’expérience du jeu permet à certains joueurs d’être certains de la victoire, même si cela paraît difficile à d’autres.

Quoi qu’il en soit, s’ils ont eu l’avantage, petit ou gros, c’est qu’ils ont fait la différence, donc trouvé une meilleure solution vis-à-vis de l’adversaire.

Le développement

Le démarrage de la partie est une chose essentielle, aux échecs.

Les principes à connaître et à respecter, nous le verrons, revêtent une grande importance.

Les plus connus sont généralement liés au début de la partie, et concernent la manière de mettre ses pièces en jeu, au départ :

L’importance du développement

Sortir ses pièces mineures, en priorité.
Occuper, ou au moins contrôler le centre de l’échiquier.
Sécuriser son roi.
Aller le plus vite possible, dans l’élaboration de son plan.
Ralentir, ou contrecarrer l’adversaire dans ses projets, dans le même temps.

Le développement :
Le jeu d’échecs est un jeu de stratégie, d’anticipation et de réflexion, comme chacun le sait à présent. Mais ce qu’on dit trop rarement, c’est qu’il s’agit également d’un jeu « de placement », et d’occupation de l’échiquier, et on peut aussi le comparer, par certains côtés, à une sorte de course de vitesse.

Si on sort mal ses pièces, on peut vite arriver dans une impasse. Et dans une impasse, on aura beau réfléchir, calculer chaque variante et chaque possibilité, une mauvaise position ne se rattrape pas, lorsque c’est trop tard, même lorsqu’on est encore à égalité de pièces.

Il faut donc dès le début se positionner le plus stratégiquement possible, et placer ses figures aux meilleurs endroits.
Une fois une attaque coordonnée suffisante pour gagner un duel, et sans réponse valable de l’adversaire, on peut se précipiter.

Le premier camp qui prend l’avantage, si les 2 joueurs jouent bien de chaque côté, deviendra le grand favori, et son résultat dépendra de la manière dont il réussit ou non à conserver un avantage décisif, et à faire abandonner l’adversaire, ou à trouver un chemin vers un gain absolument certain.

L’échec, et l’échec et mat

L’échec est l’événement qui se produit si un des deux camps attaque le roi adverse, à un instant donné.

L’échec et mat est l’événement qui se produit si un des deux camps attaque le roi adverse, mais de manière définitive. C’est à dire que l’adversaire ne posséderait aucune possibilité de jouer un coup autorisé par la règle, qui rétablirait une situation acceptable pour le roi en question, se trouvant sous le feu de l’attaque.

Naturellement, l’échec et mat est la finalité recherchée d’une partie d’échecs, alors que l’échec « simple » peut amener vers une offensive ou un enchaînement très intéressant, mais peut aussi n’être que temporaire, et donc n’avoir plus aucun effet au tour suivant.